Il y a un an, lors de la NVIDIA GTC Paris à VivaTech, la France a présenté ses plans pour faire progresser l’IA locale — des nouvelles usines d’IA et de la capacité de calcul nationale jusqu’aux modèles de pointe ouverts et aux plateformes industrielles.
Aujourd’hui, cette infrastructure d’IA entre en service. Des agents d’IA fonctionnent en production, des startups déploient des applications et l’écosystème français de l’IA développe des modèles, des jeux de données et des plateformes conçus autour des langues locales, du contexte culturel et des exigences européennes.
L’infrastructure d’IA française prend forme
Les ambitions de la France en matière d’IA gagnent en dynamisme. Des milliards d’euros d’engagements d’investissement, via France 2030, le Sommet pour l’action sur l’IA de 2025 et le Sommet Choose France de cette année, renforcent la position du pays comme l’une des principales destinations européennes pour l’infrastructure d’IA.
Dans le cadre de ces efforts, Mistral construit un nouveau centre de données de 44 mégawatts à Bruyères-le-Châtel, une commune du nord de la France. Annoncé l’an dernier à GTC Paris, le premier déploiement de Mistral est déjà opérationnel avec 18 000 systèmes NVIDIA GB200 — posant les bases de la feuille de route de l’entreprise, qui prévoit 200 mégawatts de capacité de calcul à travers l’Europe d’ici 2027.
La plateforme NVIDIA Blackwell est conçue pour aider les usines d’IA à maximiser leur débit dans le cadre de budgets énergétiques fixes, en combinant des puces offrant de meilleures performances par watt avec des fonctionnalités logicielles qui augmentent le débit des centres de données dans les environnements à puissance limitée.
Mistral collabore également avec la banque publique d’investissement française Bpifrance, la société d’investissement en IA et technologies avancées MGX et NVIDIA pour étendre Campus AI, un réseau d’usines d’IA structuré autour d’un site de 1,4 gigawatt en projet, ce qui en fait l’un des plus grands campus d’IA d’Europe.
Cette dynamique reflète une vague plus large d’investissements dans l’infrastructure d’IA en France.
Scaleway, fournisseur européen de cloud public, propose désormais des instances NVIDIA Blackwell B300-SXM, offrant aux développeurs et aux entreprises un accès au calcul accéléré à la demande.
Bull et Foxconn ont annoncé la production de NVIDIA Vera Rubin NVL72 en Europe. Les systèmes seront fabriqués et testés dans un premier temps dans les installations de Foxconn en République tchèque, avant d’être assemblés, intégrés et entièrement validés à l’usine de Bull à Angers, en France. Par ailleurs, un consortium de huit entreprises françaises de premier plan a soumis une candidature pour héberger en France une gigafactory d’IA européenne, afin de renforcer l’infrastructure d’IA européenne et d’accélérer l’adoption de l’IA.
Parallèlement, Schneider Electric s’est associé à NVIDIA pour concevoir des plans de référence destinés aux usines d’IA à l’échelle du gigawatt, aidant les organisations à accélérer le déploiement de leur infrastructure d’IA.
Les modèles ouverts soutiennent le développement de l’IA
L’écosystème français de l’IA produit des modèles, des jeux de données et des plateformes adaptés aux langues locales, au contexte culturel ainsi qu’aux exigences commerciales et réglementaires européennes. À mesure que les agents d’IA gagnent en capacités, les organisations adoptent de plus en plus des systèmes de modèles, en utilisant le bon modèle pour la bonne tâche afin d’améliorer la précision, de réduire les coûts et d’accélérer les résultats.
Sur scène lors de l’édition de cette année de VivaTech, des dirigeants de Gradium, H Company, LINAGORA, Pleias et NVIDIA ont examiné le rôle des modèles ouverts pour permettre une IA plus transparente, personnalisable et pertinente à l’échelle locale, au service des gouvernements, des entreprises et des développeurs.
« Ce que nous observons aujourd’hui, c’est le passage de la construction d’un modèle isolé à l’exploitation d’une infrastructure de modèles continue, où les modèles entraînent les modèles suivants, organisent les données, génèrent des environnements synthétiques et vérifient l’apprentissage par renforcement », a déclaré Pierre-Carl Langlais, directeur technique de Pleias. « L’infrastructure de modèles ouverts est tout simplement le moyen de garantir que de nombreux acteurs puissent développer l’IA et que les pratiques de pointe puissent se diffuser dans l’ensemble de l’économie. »
La discussion a mis en évidence un thème central : associer des modèles ouverts à une infrastructure écoénergétique donne aux organisations le contrôle dont elles ont besoin pour inspecter, adapter, déployer et auditer une IA conforme aux exigences européennes de conformité et de confiance.
NVIDIA Nemotron fait progresser cette approche grâce à des modèles ouverts, des jeux de données et des guides pratiques qui aident les concepteurs de modèles à accélérer les flux de travail, de l’entraînement au déploiement.
- Mistral, membre fondateur de la NVIDIA Nemotron Coalition — un réseau de concepteurs d’IA qui coopèrent sur des modèles de pointe ouverts — apporte son expertise en développement de modèles et ses capacités multimodales pour contribuer à faire progresser les modèles de pointe ouverts grâce à une collaboration ouverte.
- LINAGORA développe de grands modèles de langage multilingues axés sur la langue française avec sa famille de modèles Luciole, conçue à l’aide des bibliothèques NVIDIA Nemotron et NeMo et pensée pour la langue locale et le contexte culturel. Luciole 1B, 8B et 23B ont été préentraînés sur Jean-Zay — l’un des supercalculateurs d’IA les plus puissants et les plus écoénergétiques d’Europe — en collaboration avec le CNRS/IDRIS dans le cadre du projet OpenLLM-France. Ces modèles open source sont distribués sur Hugging Face (OpenLLM-France) avec leurs jeux de données de préentraînement.
- H Company, également membre de la Nemotron Coalition, développe Holotron, une famille d’agents d’IA reposant sur les modèles ouverts NVIDIA Nemotron. Ces agents capables d’utiliser un ordinateur peuvent interagir avec n’importe quelle interface logicielle de la même manière qu’un humain, sans nécessiter d’interfaces de programmation d’applications ni d’intégrations personnalisées, et automatisent des flux de travail d’entreprise complexes de bout en bout.
- Pleias, en collaboration avec NVIDIA, a développé Nemotron-Personas-France et Nemotron-Personas-Belgium, des jeux de données de personas synthétiques respectueux de la confidentialité, ancrés dans les données démographiques et le contexte culturel français et belges. La startup utilise également Jean Zay pour entraîner des modèles de langage compacts exclusivement sur des jeux de données ouverts et bien documentés, ce qui permet à ses clients de répondre plus facilement aux exigences du règlement européen sur l’IA (EU AI Act) en matière de provenance des données et de transparence. L’équipe développe désormais des versions spécialisées pour la recherche, la génération augmentée par récupération (RAG) et les flux de travail documentaires du secteur public.
La production d’IA porte ses fruits
Le passage du pilote à la production est l’évolution marquante de l’année écoulée, les organisations de tous les grands secteurs en France utilisant l’IA pour accroître l’efficacité, la qualité et la rapidité.
Des initiatives telles que la collaboration — annoncée lors d’Adopt AI — entre AI Factory France (AI2F), pilotée par GENCI, et les programmes NVIDIA Inception et NVIDIA Connect aident les startups à accéder aux ressources nationales de supercalcul, dont Jean Zay. Les premiers participants, parmi lesquels Pleias, Nebula et Ryax Technologies, transforment déjà cet accès en applications déployables.
Des efforts similaires se développent à travers l’Europe, notamment une collaboration entre NVIDIA et le Barcelona Supercomputing Center, créant un réseau qui relie l’infrastructure locale aux startups et aux institutions du secteur public.
Dans le secteur de la santé, Sanofi déploie des agents d’IA sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche, de la production et du commercial jusqu’aux opérations quotidiennes telles que les achats et l’informatique, aidant les équipes à automatiser des flux de travail complexes à l’échelle mondiale. L’entreprise collabore également avec les startups Owkin et Biolevate pour développer des agents autonomes destinés à la découverte et au développement de médicaments.
Orange Business, la filiale B2B de l’opérateur télécom Orange, a adopté une approche fondée sur l’usage interne en commençant par tester et déployer à grande échelle sa plateforme GenAI Live Intelligence en interne, avec plus de 100 000 utilisateurs actifs au sein de l’entreprise. Parallèlement, Orange Business a mis cette plateforme à disposition en tant que solution d’IA agentique de confiance, permettant aux entreprises et aux organisations du secteur public en Europe d’adopter l’IA en toute sécurité, tout en conservant les données hébergées au sein de la région.
Stellantis a annoncé une initiative stratégique visant à faire progresser les jumeaux numériques alimentés par l’IA sur l’ensemble de son dispositif industriel mondial, alimentés par des données en temps réel, la simulation et l’IA, afin d’améliorer l’efficacité, la qualité et la prise de décision opérationnelle. Dassault Systèmes associe les jumeaux virtuels à une infrastructure d’IA et à des modèles ouverts sur sa plateforme agentique 3DEXPERIENCE, animée par des world modelsndustriels validés scientifiquement qui permettent de concevoir, simuler et exploiter des systèmes complexes en toute confiance. Cela établit une base sécurisée et fiable pour l’IA industrielle, contribuant à déployer l’innovation à grande échelle dans l’économie générative.
TotalEnergies construit Pangea 5, un supercalculateur de nouvelle génération développé avec Dell Technologies et NVIDIA, qui augmentera la puissance de calcul de l’entreprise pour soutenir l’imagerie sismique, la simulation avancée et la recherche pilotée par l’IA dans le secteur de l’énergie.
L’Oréal utilise sa plateforme CreAltech pour associer l’IA générative et les jumeaux numériques 3D, aidant les équipes créatives à augmenter la production de contenu tout en préservant la cohérence de marque, la qualité et des pratiques d’IA responsable sur les marchés mondiaux.
La trajectoire de la France est passée de l’annonce de ses ambitions en matière d’IA au déploiement de l’infrastructure, des modèles et des applications nécessaires à leur réalisation. À mesure que de nouvelles usines d’IA entrent en service et que l’adoption s’accélère dans tous les secteurs, le pays s’impose comme l’un des environnements les plus actifs d’Europe pour le développement de l’IA.
Les fondations sont en place. Ce qui se construira par la suite ne fait que commencer.
Rejoignez NVIDIA à VivaTech 2026 à Paris, du 17 au 20 juin.
